Vers une compréhension des mass-média

Il est extrêmement difficile de faire une étude quantitative exacte des mass media qui assurent dans le monde entier la transmission des informations et des idées. Non seulement les mass media sont de plus en plus diversifiés, mais encore ils prennent possession des pays et des continents à une allure particulièrement rapide. La première étude faite dans ce sens à un échelon mondial remonte à 1956, et avait été entreprise par l’UNESCO sous le titre : "L’information à travers le monde ". C’est dire le développement extraordinaire qu’ont connu les mass media.

Alors on s’intéresse à comprendre le pourquoi de ce développement, et ce répercussion sur l’homme aujourd’hui. Pour ce faire, on se limitera à l’étude des quatre media les plus développés et les plus connus : la presse, la radio, le cinéma et la télévision.

1 – Le développement des mass media :

 De tous temps, l’homme a eu besoin d’être informé ; et il ne s’agit pas seulement d’une curiosité naturelle à satisfaire, mais bel et bien d’une nécessité. « Animal social », l’homme vit au sein de communautés, qui le prolongent, et qui réagissent sur son comportement. Il faut que, sans cesse, des échanges circulent entre lui et les autres, sous peine d’être rejeté à la plus totale solitude. Or, il n’est fait pour vivre seul. En ce sens-là, on peut définir la communication comme « la respiration sociale ». Cette très jolie image nous indique également qu’un individu, ou qu’une société qui seraient privés de communication ou d’information seraient voués à l’étouffement, à la mort.

Les mass media permettent cette respiration, et s’adaptent à chaque besoin : dans les sociétés de type primaire – famille, village, tribu – ces media, à l’image de la relation humaine, sont directs : bouche à oreille et le geste. Ils sont, à ce niveau, prolongés par des media simples : visuels (nuages de fumée) ou sonores (anjombona, sifflet, tam-tam).

Mais, du fait de l’industrialisation et l’urbanisation, les sociétés de type secondaire se sont diversifiés et développés – villes, états, fédération d’états, continents et forment des ensembles de plus en plus vastes, dont l’individu est dépendant. A cela, vient s’ajouter la spécialisation à outrance, caractéristique de notre civilisation scientifique et technologique.

D’où, pour l’individu, un besoin de communication de plus en plus grand et exigeant. En effet :

« Il est impossible sans être renseigné sur le déroulement de l’histoire contemporaine, de vivre suivant les lois du groupe, en tenant compte de son évolution quotidienne, quand on appartient aux collectivités monstrueuses de notre civilisation. »

Les mass media on dû s’adapter à cette situation nouvelle, il a fallu inventer des nouveaux media : c ce fut la naissance de la presse, du cinéma, de la radio et enfin la télévision.

2 – L’appréhension des mass media :

Ces media, donnent différemment satisfaction au même besoin d’être communiqué et informé : ils sollicitent des sens différents (la vue, l’ouïe), et il n’est pas inutile de brièvement énoncer les grandes caractéristiques qui séparent les media.

La presse :

Presse

La presse a pris son essor à la fin du XVIIIème siècle, lors de la révolution française et américaine ? Utilisant l’écrit, son premier défaut est qu’elle ne peut informer une personne ne sachant pas lire (d’où la nécessité urgemment de l’alphabétisation). Aussi fut-elle longtemps le privilège de la bourgeoisie. Deuxième défaut, la lenteur de l’information : celle-ci doit être rédigée, typographiée, composée sur le marbre, imprimée et enfin distribuée.

Mais du fait qu’elle soit écrite, la presse nous permet une communication et information approfondie : on peut l’analyser à loisir, en peser chaque mot : elle fait directement appel à notre raisonnement. Elle peut nous atteindre, également, où que nous soyons : à la maison, dans une salle d’attente, dans une salle de lecture, dans un voyage d’études, …

Par ailleurs, un avantage certain réside dans ses possibilités de publier des articles répétés, et de mener ainsi de véritables campagnes (y compris la campagne d’évangélisation). Enfin, la presse est encore le seul médium qui puisse régulièrement publier des chroniques sociales, spécialisées, et qui servent de lien entre des individus isolés.

Le cinéma :

Cinema 

Le cinéma dont l’avantage, par rapport à la presse est évident : il nous fait, sans être obligé de savoir lire, participer visuellement à l’événement. De ce fait, on en garde un souvenir plus net. Et si, à l’image, on ajoute le son, cet impact est encore renforcé.

Ceci dit, le cinéma est soumis à des grandes difficultés techniques, d’où la lenteur de la communication : développement des films, montages, sonorisation, copies, distribution. D’autre part, recquiérant  un matériels coûteux et compliqué, l’information par le cinéma ne peut être que localisée, ceci dans les salles de projection (on peut quand même projeter en plein air). Il s’agit d’une information collective. Mais aujourd’hui encore, des millions d’hommes n’ont jamais vu un seul film.

La radio :

Poste radio

La radio dont la principale originalité réside dans sa puissance de choc : non seulement elle nous touche à domicile, dans notre intimité même, mais elle s’adresse à notre oreille : c’est le monde magique et enveloppant l’ouïe.

De plus, elle ne permet pas la contradiction : dans l’instant même où l’auditeur veut discuter ce qu’il vient d’attendre, de nouveaux propos sollicitent son oreille et détournent son attention. Cette puissance de choc est multipliée encore par l’instantanéité de l’information. L’événement nous assaille au moment même où il se produit, sans préparation, sans avertissement préalable.

Mais, dans sa fugacité réside sa faiblesse essentielle : si elle nous touche à domicile, dans notre intimité, cela implique également une réception individuelle, familiale, collective qui se fait dans des mauvaises conditions : un mot qui échappe à l’auditeur, et l’interprétation entière de l’information risque d’être erronée. En dépit d’une certaine autorité, fournie par le véhicule même (« si c’est vrai! Je  l’ai entendu à la radio ! »), il n’y a aucun moyen de contrôle ou de sécurité.

La télévision :

Tele ancienne

La télévision possède les trois grandes caractéristiques de la radio: il s’agit d’une information auditive, instantanée et à domicile. Mais, au son, vient s’ajouter la projection de l’image, qui supprime  le danger d’insécurité propre à la radio. Il ne peut plus s’agir de mots semés dans le vent, et récoltés par des oreilles distraites : l’homme qui, par la télévision, vient d’assister à l’événement, est assuré de sa vérité.

Différents de par leur nature, ces mass media se complètent l’une l’autre, et l’on ne peut pas les isoler : ni la radio ni la télévision ne portent réellement ombrage à la vente des journaux, qui laissent plus de réflexion, reprennent des déclarations faites à la radio, les commentent, mènent des campagnes, …

Il nous semble donc logique d’admettre que tous les mass media sont également estimés par le public, et que seuls des conditionnements techniques ou économiques favorisent, dans des régions déterminées, le développement d’un medium plutôt que d’un autre.

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