Signification théologique

Nous avons déjà traité la communication en termes tout à fait généraux. Nous ne pouvons maintenant nous dispenser d’en parler dans les termes spécifiques de la théologie chrétienne. C’est à ce niveau que le phénomène de la communication va se trouver situé dans sa perspective la plus profonde.

L’homme a été créé par Dieu pour la communication,  « pourvu qu’il vive constamment sous sa volonté. S’il évite cette communication, il s’ensuit une rupture dans sa faculté de parler. Ce qu’il dit devient ambigu et incompréhensible, une confusion de langues apparaît ».

Ces comptes rendus sont en fait des histoires de la grande rupture de la communication dans l’histoire de l’humanité, une rupture qui n’est pas résolue par des media humains de notre époque. L’adoration de ces media ne résout pas le problème de la rupture comme beaucoup le pensent.

Mais en tout cas, c’est avec un évident profit que nous pourrions maintenant reprendre er approfondir tous les aspects de la communication que nous venons de mettre en évidence, toutes les questions que nous venons de faire surgir.

Sur ce, nous aurons deux possibilités d’en parler : le message biblique et la relation solidaire de l’humanité.

1 – Message biblique :

Notre premier mouvement sera d’ouvrir la Bible, pur poser les bases d’une signification théologique de la communication. La Bible est à travers une histoire et un enseignement multiformes, la manifestation du dessein de Dieu pour l’humanité. Dieu veut dire quelque chose aux hommes :

« Il veut avant tout se dire lui-même et dire aux hommes ce qu’Il est pour eux et ce qu’ils sont pour Lui, et par là même ce qu’ils sont les uns pour les autres. La plénitude étant Jésus Christ, aboutissement et achèvement de la parole adressée par Dieu aux hommes, modèle et garantie de la communication des hommes entre eux ».

1.1   – Dialogue de Dieu avec les hommes :

La Bible est bien le livre et le lieu du dialogue de Dieu avec les hommes, l’histoire des réussites et des revers de cette rencontre. Du début à la fin, « Dieu cherche les voies et les moyens de la communication », c’est pourquoi, on peut dire que l’homme est créé pour le dialogue. La communication de Dieu a la forme d’un dialogue (Es.1 : 18). Nous constatons que Dieu cherche toujours la compagnie  des hommes. Et ce désir de communiquer a commencé depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse. Prenons par exemple l’ALLIANCE (berith = alliance) faite par Dieu et Adam à Eden ; Dieu et Noë étaient toujours en relation après le déluge (Gen.8 :21) ; Dieu et Abraham dans l’appel, la mission, l’ordre et la bénédiction (Gen.13 :15ss), ; Dieu et Israël dans l’accord de Sinaï (Ex.20 et Deut.5).

Dans toute l’histoire d’Israël, nous voyons ce désir d’entrer en relation, mais l’homme s’obstine, semble-t-il, à mettre en échec ce dessein.

- La désobéissance d’Adam et Eve (Gen.3), (Gen.11)

- La Tour de Babel

1.2    - La communication à travers l’histoire :

La communication vise surtout l’homme. Il faut atteindre ce but, non pas par l’élévation de l’homme jusqu’au Ciel, mais «par sa rencontre dans l’histoire ». Ainsi, Dieu s’approche de l’homme dans ses coutumes et ses actes, et les transforme en histoire. Ainsi, le fond de l’Ancien Testament est la réalité et les faits. Dieu est entré en relation avec l’homme par ses actes, Il s’introduit dans la pensée de l’homme, défait les idées concernant la réalité et a pris l’histoire comme champ d’activité. Par cette histoire, Il vise un seul but : sa communication, sa relation avec l’homme.

La connaissance que la communication faite par Dieu est concrète dans l’histoire, nous prouve que l’histoire et les coutumes de l’homme tiennent un rôle important dans le plan de Dieu.

L’Ancien Testament est incomplet du côté de la communication et de la relation avec l’homme. Par conséquent, l’Ancien Testament est un urgent appel de Celui qui est capable de résoudre la communication rompue : c’est la venue de Jésus dans la chair.

1.3    - L’incarnation :

Dieu se révèle à nous par la Parole. Cette Parole doit se traduire dans la vie, dans la réalité de l’histoire et de la culture. La Parole éternelle est dite dans le temps, elle-même parle. Dieu « s’est abaissé » (Philip.2 :8). Il veut se faire connaitre à l’homme.

« Après avoir, à bien de reprises et de bien des manières parlé autrefois aux pères, dans les prophètes, Dieu, en la période finale où nous sommes, nous a parlé à nous un Fils ».(Héb.1: 1-3)

Dieu accepte de soumettre son message aux limites du langage humain : il l’adapte au point de devenir Dieu avec nous. Cette adaptation, on peut l’observer dans deux conceptions-clés de l’incarnation : La Parole et l’Image, ce qu’on entend et ce qu’on voit. Ce sont les deux éléments de base de la communication.

- Dieu nous a parlé par son Fils : la Parole

- Le Fils est l’empreinte de Dieu : l’Image authentique.

Ainsi la parole et l’image servent de media à la communication de sa Parole et de son Image. La Parole et l’Image vont ensemble dans notre concept de communication et dans la communication divine. Mais le point central de l’incarnation se trouve au-delà, car la parole et l’image ensemble représentent un Personne Vivante.

La communication a toujours lieu entre deux personnes ; il ne peut y avoir communication pure et simple d’un message. Seule une personne humaine peut nous communiquer quelque chose et c’est seulement avec une personne humaine que nous pouvons entrer en communion ; c’est pourquoi Dieu est devenu un être humain et dans cet humain nous trouvons à la fois l’homme :

« tourné vers Dieu, et l’homme tourné vers ses semblables »

Jésus est entièrement axé sur Dieu et en même temps entièrement ouvert à l’homme. On ne peut aller plus loin. Nous pouvons seulement voir l’impact créé par cet homme : tout ce qu’il dit est action et tout ce qu’il fait est parlant, car ses actions parlent et ses paroles agissent.

2 – La relation solidaire de l’humanité :

En parlant d’une signification théologique de la communication, il y a toujours deux phases de communication : la phase verticale et la phase horizontale. La communication verticale est celle de Dieu qui nous montre son initiative – par Jésus Christ – vers l’homme (Philip.2 :6-11 ; Jn.1 :1-14) et la communication horizontale, qui est celle de l’homme, nous parle de relation de l’homme avec l’homme ou son semblable (Eph.2 :13-14)

Notre Dieu ne veut jamais que l’homme soit dans la solitude, mais qu’il soit toujours en communication avec les autres.

« L’homme est un être  social, vivant dans des structures communautaires qui nécessitent et rendent possibles des échanges ou communications ; et aussi, parce que l’union vitale avec les autres est constitutive de son être ».

Et de son côté ROGER Mehl souligne qu’étant sauvé, l’homme n’est plus seul mais il doit s’intégrer dans une société.

« Le salut … ne nous enferme pas en nous-même dans une solitude bienheureuse et contemplative. Nous sommes par Lui intégrés à une société nouvelle, l’Eglise, à l’intérieur de laquelle devient possible une forme de communication dont nous formons un seul corps … »

La communication fait que plusieurs personnes partagent les mêmes connaissances, les mêmes émotions, les mêmes valeurs (Act.2 :44-47). Elle établit une unité spirituelle, culturelle. Cette communauté et cette communion réalisées – grâce à la communication – ont leur consistance et leur valeur ici-bas, car « nous sommes rendus contemporains », et notre « relation … se trouve changée », parce que « nous sommes en Christ »

La communication comme telle s’exprime dans les mass media, exerce particulièrement son influence dans deux sens :

- elle offre à chaque individu des possibilités immense de culture,

- elle concourt à l’unification du genre humain.

La communication comporte une activité et une passivité.

2.1   - L’activité émettrice :

Pourquoi l’émetteur agit-il ? Les motivations sont diverses :

Un homme vivant a besoin d’agir, de s’exprimer, d’entrer en contact avec les autres, d’abord pour l’utiliser et se les approprier. Mais au fur et à mesure où l’on gravit les degrés de la vie, et lorsqu’on accède à l’esprit, alors se manifestent le besoin et la capacité de donner, d’offrir, parce qu’  « il y a de bonheur à donner qu’à recevoir » (Act.20 :35). C’est l’idée de partage. Le type de communication ici, c’est qu’il se met plus au service des autres.

2.2   – Passivité réceptrice :

Etre pour l’homme n’est pas seulement digérer, marcher, reproduire, mais encore, penser, aimer, s’émouvoir, s’émerveiller. Pour la beauté de l’univers voulu par Dieu, l’homme doit surtout se présenter en ce qui est sa singularité, en ce qui en lui est l’image de Dieu, puisqu’il est : « créé à l’image de Dieu et selon sa ressemblance » (Gen.1 :26 ; Eph.4 :13).

L’ordre de grâce où il nous faut : « jusqu’à ce que nous parvenions tous ensembles à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude » (Eph.4 :13).

Dans le passage de Paul, nous sont indiquées la loi et les conditions de cette réussite : « Tous ensembles ». C’est « tous ensembles » et aidés les uns par les autres. Et ceci par l’accomplissement de la loi d’amour qui est le lien de la plus complète fraternité avec les autres :

« … bien-aimés aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu, et quiconque aime, est né de Dieu et parvient à la connaissance de Dieu. Qui n’aime pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour » ‘I Jn.4 :7-8).

Le Christ est venu nous révéler : se sauver, c’est parvenir à la plénitude de l’amour, c’est entrer dans le circuit de l’amour qui unit les personnes de la Trinité, c’est aimer comme Dieu aime.

La communication avec tous les hommes est avant tout un don. Ce don, loin d’être un appel à la passivité, exige une attitude vigilante. Mais savoir qu’à la racine de notre existence personnelle et communautaire se trouve le don de la communication que Dieu nous fait lui-même, la grâce de son amitié, remplit notre vie de gratuité (Mat.10 :8) . Cela nous fait percevoir comme un don nos rencontres avec les autres hommes, nos affections, tout ce qui nous arrive dans notre vie. C’est ainsi que tous les sauvés, tous les croyants constituent devant Dieu une seule et même famille (Jn.17 :21-23).

Pour que tout soit réaliste, il y a une vraie communication de Dieu avec l’homme, et de l’homme avec son semblable, et cela, à travers Jésus-Christ.

Face à cette réflexion, l’Eglise a-t-elle su saisir sa chance ? L’Eglise doit donc utiliser des mass media pour annoncer la Bonne Nouvelle pour répondre aux besoins du monde.

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